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Blog Des mots en noir et blanc | Post | #féministe

Le corps des femmes

  • Photo du rédacteur: Cynthia
    Cynthia
  • 12 juin 2020
  • 5 min de lecture

Dernière mise à jour : 27 mars 2021

Il y a quelques mois déjà, je discutais avec des ami·e·s de tout et de rien. Et la discussion arrive sur la photo de Jennifer Lopez, en bikini à 50 ans, qui a enflammé la toile. J'entends alors : "En même temps, quand tu peux te payer un coach sportif, c'est plus facile."

Et je me dis, quel est le rapport entre argent et beauté ?



Beauté et soumission

La femme belle est fragile


De tout temps, le corps des femmes a été soumis à des injonctions parfois extrêmement précises et souvent très contraignantes, au détriment souvent de la santé.

  • corsets (j'vous raconte les évanouissements)

  • structures en bois sous les robes

  • les régimes pour être très maigre ou très ronde selon les époques (du coup, on fait quoi, hein ?)


Je ne vais pas faire l'inventaire des canons de beauté selon les époques, mais je vous mets une petite vidéo quand même 😃.



Je constate que le corps des femmes était souvent la vitrine de la richesse des hommes.

  • Dans les sociétés pauvres, les femmes belles étaient celles bien en chair, hanches et poitrine opulentes. Signe qu'elles ne manquaient de rien, que leurs maris pouvaient tout s'offrir.

  • Dans les sociétés plus riches, où les féculents et le sucre sont l'alimentation de base des plus modestes et donnent des rondeurs, on préfère les femmes minces. Signe que leurs maris peuvent s'offrir des produits plus nobles : poissons, fruits et légumes.


Et dans tout ça, remarquons aussi que quel que soit son idéal, le canon de beauté reste FRAGILE. La femme doit, en toute circonstance, être délicate et soumise : Tu n'as pas besoin de manger pour être forte, tu dois juste être belle et obéir.


Une femme mange peu pour être belle


Encore aujourd'hui, on l'entend, on le voit. Quoi donc ?

Le fameux cliché de la femme qui prend une salade tandis que l'homme se prend un gros steak au restaurant, pardi !

Il s'agit en réalité de la conséquence d'une idée reçue (par ailleurs fausse) qui dit qu'un homme doit manger plus, notamment plus de viande ou autres protéines.


Une excuse qu'on a beaucoup employée pour justifier tout ça, est celle du travail fourni.


Je prends l'exemple d'une femme au foyer. On dit qu'elle ne "travaille pas". Or, même si ce travail n'est pas rémunéré, s'occuper de son foyer, de ses enfants est un travail à temps plus que plein et demande beaucoup d'organisation et d'énergie, qui plus est.

Idem pour les femmes qui travaillent. C'est la double peine en plus, puisque les tâches ménagères sont encore majoritairement l'apanage du sexe féminin. (Le confinement, nous l'a encore prouvé)*


Dans certaines cultures, les interdits alimentaires des femmes sont justifiés par des mythes (trop de viandes et tu ressembleras à un homme, pas de lait car tu risques de devenir stérile). Résultat, les hommes gardent les meilleurs morceaux, ceux qui sont les plus nutritifs.

En Occident, même s'il n'y a pas d'interdit à proprement parlé, les femmes "expérimentent des pressions sociales dont l’alimentation est aussi l’instrument, et qui ne sont pas moins redoutables : celle du contrôle de leur apparence corporelle, et dans une certaine mesure aussi, celle de leur pensée."*

De même lorsque l'argent vient à manquer, c'est en général la femme qui se prive pour sa famille.


N'oublions pas que ce qu'on mange à une incidence sur notre physiologie.

Le fameux "Tu es ce que tu manges" prend alors tout son sens.

Ainsi, les interdits et injonctions que subissent les femmes depuis... toujours ont eu une conséquence : les femmes sont devenues plus faibles pour s'adapter à leur apport calorique.

Les pressions sociales que nous vivons aujourd'hui ont le même effet. Les femmes restent faibles et coûtent beaucoup moins cher à nourrir, tandis que les hommes restent forts.



Et à l'ère des médias sociaux ?


Lorsqu'on y regarde de près, les populations les moins aisées sont celles les plus à même de consommer de la mal bouffe, d'où le surpoids chez les jeunes qui augmente d'année en année. Une dichotomie assez dure à vivre puisque la beauté, elle, reste mince. Ce qui entraîne grossophobie, troubles alimentaires et j'en passe.


La technologie l'a bien compris et joue sur nos peurs et l'envie d'être accepté.

Il existe tellement d'applications pour nous mettre en scène... D'Instagram à TikTok, en passant simplement par les appareils photo de nos smartphones, les filtres sont partout : le teint plus lisse, les yeux plus grands, les dents plus blanches, le visage et le nez plus fins... Vous pouvez même paraître plus grande et plus mince !

Et même s'il est vrai que le corps des femmes est devenu plus libre, notre société continue de nous culpabiliser sur nos poils et nos bourrelets pour nous faire acheter toujours plus de produits d'épilatoires, de gélules brûle-graisse et adopter des régimes toujours plus farfelus.


Mais ! un deuxième courant d'idées vient bouleverser tout ça : celui de l'urgence climatique.

Quel est l'intérêt de consommer toujours plus dans un monde qui meurt de nos agissements stériles ?

Associée au regain du mouvement féministe, l'écologie nous fait de plus en plus mettre l'accent sur le bien-être au naturel. La beauté tend à ne plus être un idéal, mais à devenir singulière : mince, ronde, musclée, petite, grande, jeune ou vieille, les modèles se diversifient et c'est tant mieux !

Effectivement, on peut aussi se demander si cette nouvelle façon de penser ne sera pas récupérée par les industries pour nous vendre des produits "healthy" toujours plus chers et pas nécessairement bons. (On me souffle dans l'oreillette que ça a déjà commencé ?)


Mais comme disait Mémé : L'important c'est la santé.

Arrêtons de vivre à travers le regard des autres, enfin essayons un minimum.

La santé, le bonheur, ce n'est pas être "épargnée" par la cellulite, avoir le ventre plat ou les bras fins. Une femme mince n'est pas forcément en meilleure santé que celle qui a des bourrelets.


Il nous faudra être fortes pour tout ce que la vie nous réserve, alors mangeons bien, vivons bien. Pour nous. C'est le seul moyen d'avoir les capacités d'en faire plus pour les autres ensuite. Personnellement, j'adore l'idée de ne pas manger que de la salade verte, pas vous ?

Je suis contente de voir que sur les médias sociaux, des personnalités révèlent le côté fake des images sur les réseaux, pour mettre en avant des façons simples de se sentir bien : cuisine, sport, loisirs... Ces réseaux regorgent de petites pépites mine de rien. Et surtout, je suis heureuse qu'on normalise ce qui doit l'être : une femme peut être musclée, avoir de la cellulite (80% des femmes en ont, rappelons-le) et des vergetures, avoir la peau grasse et des boutons. Et ouais !


Personnellement, j'ai craqué sur le compte Instagram de @danaemercer. (post plus haut), et sur celui de @celestbarber, elle à mourir de rire et nous déculpabilise de ne pas être parfaites.


Alors oui, d'autres injonctions peuvent voir le jour, mais il est important qu'on apprenne à faire le tri.

Manger 5 fruits et légumes par jour, oui. Le Six Pack apparent obligatoire, non.


Sur ce, zoubis. 😘


 

*Sources :

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